09 février : Les toxicomanies : l'identité des bases neurologiques et les tratégies thérapeutiques d'aide à l'abstinence.
     
 

 

Conférencier :
Bernard Roques


Professeur titulaire à l'UFR des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques à l'Université René Descartes (Paris V), et Directeur du Laboratoire de Pharmacochimie Moléculaire et structurale, Unité Associée à l'INSERM (U 266), et au CNRS (UMR 8600).

Diplômes :
Pharmacien, Lauréat de la Faculté de Pharmacie de Paris,
Certificat d'Etudes Supérieures de l'Institut de Pharmacotechnie et Pharmacodynamie,
Docteur ès-Sciences Physiques, Agrégé de l'Enseignement Supérieur (Chimie Organique).

Biographie :

Né le 22 juillet 1935 à Reims.
- 1974--- : Professeur titulaire à l'UFR des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques, Université René Descartes (Paris V).
- 1966-1976 : Chargé d'enseignement, option Chimie, à l'Ecole Polytechnique.

Spécialités : la majeure partie du travail de recherche du laboratoire de Bernard Roques a été consacré aux mécanismes de régulation de la transmission peptidergique, tout particulièrement dans le système nerveux central; sur cette base, il étudie actuellement les mécanismes moléculaires des dépendances aux drogues. Considéré comme pionnier dans le domaine de l'analyse structurale et l'inhibition de metallopeptidases de zinc, il a mis au point avec ses collaborateurs de nombreux inhibiteurs de ces enzymes, possédant selon la fonction de ces dernières, des propriétés analgésiques ou antihypertensives. Il a proposé le concept d'inhibiteur mixte (une seule molécule inhibant deux peptidases distinctes). Plusieurs des molécules développées dans son laboratoire sont en essais cliniques. Deux ont été commercialisées.

Associations : Membre de l'Institut Académie des Sciences, et de l'Académie Européenne des Sciences, des Arts et des Lettres, du Conseil de Direction Scientifique de l'INSERM, de l'Institut Gustave Roussy, de la Fondation pour la Recherche Médicale Française, de l'Agence Nationale de Recherche contre le Sida (ANRS) ; président de l'IFR "Institut Descartes des Sciences du médicament".

Prix :
- Prix Prescrire 1999 du Livre Médical et Pharmaceutique.
- Prix Galien de la Recherche Pharmaceutique (1997).
- Prix "Georg Wittig -Victor Grignard" (1996).
- Prix "Claude Bernard Lecture" (1996). - Prix Recherche et Santé de l'Institut des Sciences de la Santé (1995).
- Prix INSERM/ Académie des Sciences (1994).
- Prix Charles Mentzer de la Société de Chimie Thérapeutique (1994).
- Prix du Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens (1990).
- Grand Prix d'Etat Léon Velluz de l'Institut (1989).
- Prix International "Research on drug abuse" du Conseil général des Alpes Maritimes (1986).
- Prix Demarle de l'Académie Nationale des Sciences (1977).

Publications : Bernard Roques fait partie du Comité de rédaction de nombreuses revues scientifiques (International Journal of Peptide and Protein Research, European Journal of Pharmacology, Journal of Medicinal Chemistry, etc.). Il a publié (en collaboration avec son laboratoire) plus de 500 articles dans des revues scientifiques spécialisées. Il est l'auteur d'un ouvrage : La dangerosité des drogues (Odile Jacob, 1998).

 
 
 
 

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A toutes les époques et quelques soient les cultures, les hommes ont absorbé des substances psychotropes, par conséquent capables de changer leur état de conscience et ce, pour de multiples raisons qui vont de la consommation récréative, souvent rituelle, exaltant le lien social à l'utilisation compulsive pour échapper à la réalité ou tenter de lui faire face. Toutes ces consommations recouvrent donc la recherche d'une sensation de plaisir. Sur le plan neurobiologique celle-ci est liée à l'activation de réseaux neuronaux désormais bien connus et qui sont activés aussi bien par les produits licites (alcool, tabac …), qu'illicites (héroïne, cocaïne, cannabis, ecstasy …).

La dangerosité de ces substances apparaît lorsque le consommateur passe de l'usage à l'abus avec, à ce stade, le risque de dépendance dont les mécanismes sont encore peu connus. La distinction entre drogues dures et douces en termes de dangerosité individuelle et interindividuelle (sociale) ne correspond donc plus à l'unicité des mécanismes neurobiologiques ni aux risques de dépendance. C'est l'activation excessive par ces produits des cibles de notre cerveau sur lesquelles agissent des substances endogènes qui mène vers la toxicomanie. De nombreux facteurs de vulnérabilité à celle-ci ont été mis en évidence (génétiques, psychologiques, socioculturels, environnementaux…).

Des progrès importants ont été obtenus ces dernières années pour aider le patient dépendant à sortir de sa toxicomanie.