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Il
y a à peine trente ans, le logiciel était l'apanage des systèmes
de gestion ou de communication des grandes entreprises. La
micro-informatique, les ordinateurs embarqués et les réseaux
ont centuplé ses applications, révolutionnant la bureautique,
le design industriel ou artistique, les transports, et maintenant
les objets du quotidien, du téléphone au stimulateur cardiaque
en passant par tout l'audiovisuel, les jeux, et bien sûr Internet.
On assiste en fait à la mise en place d'un nouveau système
nerveux logiciel, avec lequel nous sommes sans cesse en contact.
Or,
le logiciel reste un objet mystérieux pour la plupart des
gens. Il est purement immatériel, ne se voit pas, ne pèse
rien. Pourtant, il produit des tas d'ennuis allant de l'inconfort
des interfaces homme-machine mal conçus aux problèmes de sécurité
des réseaux en passant par des crashs catastrophiques de fusées
ou de satellites. La qualité du logiciel devient un des points
faibles de notre société. Pour les spécialistes, ce n'est
pas étonnant. Le logiciel est un objet purement intellectuel
d'une très grande complexité, qui ne se laisse pas appréhender
pas des approches naïves. Un logiciel est formé de millions
d'ordres élémentaires à une machine ultra-rapide et quasi-infaillible
mais parfaitement stupide, le microprocesseur. De minuscules
erreurs peuvent avoir de grandes conséquences sont on ne sait
pas encore se protéger.
Nous
essaierons de mieux faire comprendre la nature profonde de
l'objet logiciel, et nous présenterons les approches scientifique
modernes qui permettront de construire des logiciels plus
sûrs et d'en assurer la correction.
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