01 Octobre : Le béton
     
 

 

Conférencier :
Paul Acker


Directeur des Projets de recherche Béton, au groupe Lafarge, pour assurer la supervision scientifique et technique des projets de R&D sur les nouveaux bétons et la coordination entre la recherche centrale et les équipes de développement. 

Diplômes :
- École Centrale des Arts et Manufactures (72), Centre des Hautes Etudes de la Construction (CHEC),
- Doctorat de l'École nationale des Ponts et Chaussées.

Biographie :
Né en 1949.
-1997--- : Entre à la direction R&D du groupe LAFARGE, comme directeur des Projets de recherche Béton, pour assurer la supervision scientifique et technique des projets de développement sur les nouveaux bétons (bétons autoplaçants et gamme Agilia®, bétons de ultra-hautes performances et gamme Ductal®, etc.) et la coordination entre la recherche centrale et les équipes de développement.
- 1994-1997 : directeur de recherche et responsable au Laboratoire central des Ponts et Chaussées (LCPC) de la division des "Bétons et ciments", 35 personnes, dont 9 docteurs, 2 ingénieurs, et 10 doctorants.
- 1988-1993 : responsable au LCPC de la division "Matériaux et Structures pour ouvrages d'art".
- 1976-1987 : chercheur au LCPC, responsable des recherches sur les retraits du béton, le fluage, la mécanique des bétons précontraints.
- 1973-1976 : ingénieur au bureau d'étude "Loire-Bretagne" du groupe OTH, où il a la responsabilité des calculs de structures, du pilotage des chantiers, des projets avec les architectes.

Spécialités :
Il a travaillé dans les trois grands domaines du béton : les méthodes de formulation, avec l'accent sur les performances mécaniques du matériau et les propriétés qui conditionnent sa mise en œuvre ; le comportement thermomécanique du matériau et sa modélisation dans les calculs, avec l'accent sur la maîtrise des risques de fissuration, au jeune âge et à long terme ; la durabilité du matériau et le développement d'essais de caractérisation, avec l'accent sur la pertinence physique. Au LCPC, il a commencé par animer la petite équipe qui devait étudier l'origine des pertes de précontrainte, et fournir une méthode de calcul pour le règlement. Ces recherches ont bientôt largement dépassé le seul objectif réglementaire dans au moins deux domaines : celui des contraintes thermiques et hydriques dans les ouvrages en béton, qui sont aujourd'hui traitées de manière courante dans les programmes de calculs aux éléments finis utilisés par la profession, celui du fluage qui vient d'aboutir simultanément sur une méthode d'essai internationale et sur un modèle de comportement étendu à tous les bétons de hautes performances.

Réalisations :
Outre ses contributions au niveau des règlements de calcul français et européens, et le développement de méthodes de calcul et de logiciels, il a réalisé de nobreuses expertises sur les chantiers ; il est aujourd'hui un expert reconnu sur les retraits, le fluage, la fissuration des bétons. Quand il était au LCPC, il est intervenu, avec son équipe, sur tous les grands chantiers des dix dernières années : Transmanche, pont de Normandie, réacteur nucléaire en BHP à Civaux, Grande Arche de la Défense, pont sur l'Elorn, barge N'KOSSA, pont sur le Tage, Stade de France, pont de Millau,

Associations :
Membre du Conseil scientifique et technique de l'Association Française du Génie civil (AFGC), de la Réunion internationale des laboratoires d'essais des matériaux (RILEM) et de l'American Concrete Institute (ACI).

Prix :
- Prix 1998 de l'Académie des Sciences,
- Prix Elphège Baude 1991 de la Société d'encouragement pour l'Industrie nationale (SEIN),
- Prix 1990 de l'Association française pour la Construction

Publications :
Il a dirigé plus de 15 thèses et publié plus de 130 papiers, dont 16 dans des revues à comité de lecture. Il a collaboré à de nombreux ouvrages collectifs.

 
 
 

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  Le béton est aujourd'hui le matériau le plus utilisé dans le monde, plus que tous les autres matériaux réunis. Sans le béton, on ne pourrait pas réaliser ce qu'on construit aujourd'hui en matière de logement, d'écoles, d'hôpitaux, d'infrastructures de transport. A la fois robuste et universel - on peut le faire partout, dans tous les pays, dans son jardin -, le béton est aussi au début d'une profonde mutation : l'ampleur et l'étendue de ses performances mécaniques et physiques augmentent sans cesse, et sa formulation, jusqu'ici très empirique, est en passe de devenir une démarche rationnelle, avec des outils d'ingénieurs construits sur des bases scientifiques qui font appel à toutes les disciplines qui entrent dans ce qu'on appelle aujourd'hui la Science des matériaux. Ceci est le résultat de profonds progrès dans notre compréhension scientifique des mécanismes de prise, de durcissement, de vieillissement, progrès qui ont accompagné l'émergence de la Science des matériaux - ou science des couplages -, dont le béton est aujourd'hui l'archétype, puisqu'il est sans doute le seul à avoir mobilisé toutes les disciplines qui la constituent. Quelques exemples de ces progrès de compréhension seront présentés, et illustrés par leurs conséquences concrètes, parfois spectaculaires, sur les chantiers et les ouvrages d'aujourd'hui. Ces progrès devront aussi se traduire dans la qualité de notre environnement quotidien.