26 septembre : L' énergie nucléaire
     
 

 

Conférencier :
Bertrand Barré


Professeur à l'Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires (INSTN), membre du Conseil Supérieur de la Recherche et de la Technologie (CSRT), membre du Conseil Scientifique et Technique d'EURATOM, ancien Gouverneur pour la France du Centre Commun de Recherches de l'Union Européenne, et membre de plusieurs Conseils scientifiques d'organismes de R&D européens.

Diplômes :
Ingénieur des Mines de Nancy, DEA en Physique du Solide.

Biographie :
Né le 29 décembre 1942 à Lyon.
- 1999--- : Directeur de la Recherche et du Développement de la Compagnie générale des Matières Nucléaires, COGEMA.
- 1994-1999 : Direction des Réacteurs Nucléaires (DRN) du Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA).
- Il a, notamment, travaillé pour le CEA en Grande Bretagne (projet OCDE " Dragon ") et aux Etats-Unis (société General Atomic), tenu pendant quatre ans le poste d'Attaché Nucléaire auprès de l'Ambassade de France aux Etats-Unis, et passé deux ans comme Directeur de l'Ingénierie dans la société TECHNICATOME, filiale du CEA.
- 1967 : Entre au CEA.

Spécialités :
A consacré l'essentiel de sa carrière au développement de l'énergie nucléaire, en France et à l'étranger, alternant les postes scientifiques et les fonctions d'encadrement.

Associations :
Bertrand Barré a été Président de la Société Française d'Énergie Nucléaire (SFEN), est présentement vice-président de la Société Nucléaire Européenne (ENS) et membre du Comité français de la Conférence Mondiale de l'énergie (WEC).

Publications :
Il est l'auteur de très nombreux articles dans des revues à comité de lecture, et d'actes de colloques.

 
 
 

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Pour faire face à la croissance démographique et aux besoins criants de développement du Tiers Monde, l'humanité va devoir accroître encore une consommation d'énergie déjà sans commune mesure avec celle des siècles passés, sans mettre pour autant en péril son environnement.

Depuis la découverte du feu, l'humanité a couvert ses besoins d'énergie grâce au soleil, soit en utilisant plus ou moins directement son flux instantané d'énergie (biomasse, hydraulique, énergie des vents, aujourd'hui énergie photovoltaïque), soit en puisant dans les ressources d'énergie solaire stockées par la planète (charbon, pétrole et gaz naturel). Ce n'est que depuis moins de cinquante ans qu'une énergie nouvelle, venue non plus de notre soleil mais des lointaines supernovae, est venue enrichir l'éventail des sources disponibles à l'humanité : l'énergie nucléaire de fission.

Déjà équivalente, après un démarrage extrêmement rapide, à toute l'énergie hydraulique du monde, l'énergie nucléaire est aujourd'hui en phase de quasi-stagnation, et se heurte dans de nombreux pays à une opposition presque viscérale. L'énergie nucléaire n'est, en somme, qu'une façon compliquée de faire bouillir économiquement de grandes quantités d'eau, sans émettre de gaz de combustion dans l'atmosphère. Comme toutes les formes d'énergie, elle a des avantages spécifiques, des inconvénients spécifiques, et des champs d'application plus ou moins privilégiés. Et puisque nous aurons besoin de toutes les sources, y compris de l'énergie nucléaire de fission, il faut en maîtriser les inconvénients et tirer durablement parti de ses avantages, là où ils sont le plus valorisables. C'est d'autant plus réalisable qu'il s'agit d'une énergie jeune, qui dispose encore de grandes marges de progrès.